Compte-rendu de notre ascension du Mont Kilimandjaro

2017-2018
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Compte-rendu de notre ascension du Mont Kilimandjaro

Publié il y a 7 mois par

Compte-rendu de notre ascension du Mont Kilimandjaro

Voici le récit de notre trek en Tanzanie pour l'ascension du Mont Kilimandjaro, communément appelé le "toit de l'Afrique".

 

Après un long voyage de plus de quinze heures et un arrêt en Ethiopie, nous arrivons enfin à l'aéroport de Kilimandjaro sous une chaleur étouffante (31/35 degrés).

 

JAMBO JAMBO (bonjour en swahili) 

On nous conduit rapidement à l'hôtel où notre guide (uniquement anglophone, notre niveau d'anglais n'est pas glorieux) nous attend pour faire un petit check de notre matos ! Pour lui tout est en ordre. Notre sac sera pesé à l'entrée du parc et ne devra pas dépasser 12kg.

Il nous invite à bien nous reposer et à le retrouver le lendemain matin pour le grand départ.

Le lendemain, nous sommes donc prêts pour la grande aventure, pantalon et chaussures de rando sur nous et sac sur le dos. On vérifie que le maillot de La Ligue contre le  cancer est bien dans le sac! 

On nous présente notre Dream team (deux guides, un préposé à la nourriture, et 7 porteurs). Nous prenons un mini-van pour la Machame Gate (la porte du parc au village de Machame, point de départ de la Machame road).

Une fois sur place, les sacs sont pesés et on nous explique le déroulement de la journée et quelques règles de rigueur. 

La règle du "Polé polé" (doucement doucement en swahili) : pour mieux supporter les changements d'altitude il faut marcher très lentement.

Il faut également se forcer à boire 4/5 litres d'eau par jour/personne (que l'on nous met quotidiennement dans nos gourdes dans le sac à dos, dans lesquelles nous mettons des pastilles purifiantes).

Nous dormirons en tente 2 places (aux fermetures HS et d'un autre âge, gla gla). On nous donnera de temps en temps un petit bol d'eau chaude pour nous laver le visage (la toilette s'arrête là, donc pas de toilette pendant 7 jours). Et il y aura des WC uniquement aux camps (un trou dans une dalle).

Le cuistot nous fera tous les jours des repas frais servis dans notre tente (les porteurs transportent pommes de terre, ananas et autres courgettes avec eux).

- Jour 1 de Machame Gate (1750m) à Machame Camp (2850m) soit 11km et 1100m de D+ à travers la forêt tropicale par 30 degrés. Arrivée au camp après 4h de marche "Polé polé" (on nous dit qu on marche trop vite, "don't run, Polé polé"). On monte la tente par 16 degrés et on nous explique la journée du lendemain avec le traditionnel briefing du soir. La première nuit est agitée, on s'acclimate doucement à l'altitude et on a très froid.

- Jour 2 de Machame camp (2850m) à Shira Camp (3750m) soit 5km et 900m de D+. Une sorte d'énorme montée au milieu des roches et dont on ne voit pas la fin (je porte mon t-shirt du club donc j'ai la motivation de tout CSS avec moi 😊). On finit par traverser les nuages. On arrive enfin au camp pour l'installation et les premiers maux de tête font leur apparition..

- Jour 3 de Shira Camp (3750m) à Lava Tower (4650m) puis à Barranco camp (3976m). Longue journée où l'on monte haut et l'on redescend ensuite dormir plus bas pour l'acclimatation ("grimper haut, dormir bas" c'est la règle) . On effectue 900m D+ (7km) et 675m de D- (3km). La montée est rude car en plus des maux de tête, on peine à respirer et les nausées arrivent également. Nous essayons de nous reposer et le corps tente de combattre les effets de l'altitude. Les températures baissent considérablement.

- Jour 4 journée d'acclimatation (le jour que nous avons choisi de prendre en plus sur le trek et sans regret) de Barranco (3976m) à Karranga camp (3995m). Le parcours est une succession de montées (on monte à 4200m) et de descentes. 5km avec environ 350m de D+  et 250m de D-. Certains passages s'apparentent plus à de l'escalade qu'a du trek . On nous parle des "Kissing rocks", ces rochers immenses qu'il faut carrément enlacer, dos au vide, pour les franchir..quelques petites frayeurs donc..

Meilleure forme aujourd'hui, la journée d'acclimatation de la veille a été bénéfique.

Nous dormons à 4072m au milieu des nuages avec une vue imprenable sur le Mont Méru. Les premières courbatures font leur apparition et la nuit est très fraîche. 

- Jour 5 de Karranga camp (3995m) à Barafu (4673m) soit 5km et 700m de D+. Une succession de montées et descentes dans le froid. Nous arrivons tôt sur le camp. On nous recommande de dormir durant tout l'après-midi en prévision de l'ascension finale. Seb est pris de violents maux de tête et moi de nausées. Pas de bonnes choses en prévision et nous ne parvenons pas à dormir..le guide dit à Seb que si ses maux de tête (qui durent depuis plusieurs jours, son corps à plus de mal à s'acclimater) ne s'atténuent pas il n y aurait pas d'ascension finale pour lui.

- Jour 6 00h15. Ascension finale de Barafu (4673m) à Uhuru Peak (5985m) soit 5km et 1315m de D+. On demande aux guides la raison pour laquelle nous partons de nuit..ils nous répondent que si les trekkeurs voyaient la montée de jour, il y aurait trop d'abandon, la messe est dite. Nous sommes donc prêts (ou presque, Seb a moins de maux de tête) en tenue quasi de ski. Les températures vont chuter rapidement jusqu'à -20 avec un vent terrible. Le vent souffle tellement fort que quand nous quittons notre tente, un porteur est désigné pour venir nous y remplacer afin d'éviter qu'elle ne s'envole. Et là c'est parti pour 7h (en théorie) d'ascension à la frontale emmitouflés sous des couches de gants bonnets écharpes veste de ski caleçon.. et ce seront plusieurs heures de vrai calvaire. La pente est hyper raide, les jambes sont fatiguées des 5 jours précédents, il fait très froid (on ne sent pu du tout nos doigts) et au moindre effort, nous avons énormément de mal à respirer, et forcément nous ne pouvons pas nous parler...bref je me demande littéralement à un moment ce que je fais là et pourquoi j'ai eu cette brillante idée de nous imposer ça, qui plus est loin de notre petit bout de chou (lui qui doit être au chaud chez ses grands-parents dans sa petite gigoteuse à roupiller). Une petite pensée qui rebooste et puis il y aussi la Ligue contre le cancer dont nous portons les couleurs ! 

Au final nous arriverons au sommet à 6h17, en marchant comme des zombies, ne laissant la place à ce moment là qu au mental..

Le spectacle est saisissant et la vue imprenable, un moment vraiment magique après tant d'efforts. Nous ne resterons que quelques minutes au lever du soleil ( pour prendre les traditionnelles photos et sortir le maillot de la Ligue !) car le froid est vraiment trop intense pour y passer plus de temps, nous redescendons donc rapidement. Nous croisons des groupes de personnes et leur souhaitons bonne chance pour la suite, certains malades font quant à eux demi tour. 

La redescente n'est guère plus reposante. Les genoux subissent. Nous effectuons 1315m de D- et 5km en 2h dans une sorte de poussière de lave glissante, en mode plutôt skieur que trekkeur. Une fois au camp, très très fatigués, nous remballons toutes nos affaires. Nous repartons pour Mweka camp (3068m) pour 12km et 1605m de D-. Encore une fois, très difficile car les jambes sont bien plus habituées à la montée depuis 5 jours qu'à la descente. Nous arrivons au camp exténués et nous nous couchons pour dormir près de 9h de suite..une première ! 

- Jour 7 de Mweka Camp (3068m) à Mweka Gate (1640m) soit 10km et 1430m de D-. Je crois que pour le coup malgré la douleur et les courbatures partout, nous n'avons jamais été aussi rapides...il nous tarde de nous doucher (on commence à sérieusement sentir mauvais et je ne parle même pas de l'état de mes cheveux) et surtout de retrouver le Wifi pour prendre des nouvelles de notre petit Valentin.

Nous arrivons en fin de matinée à la sortie du parc du Mont Kilimandjaro avec en prime la chance (c'est très rare) de voir de près de petits singes noir et blanc porte bonheur.

Petit bilan de ce parcours en 7 jours: magnifique, très difficile psychologiquement et physiquement pas tant pour les kilomètres et le dénivelé mais plutôt pour les maux dûs à l'altitude.

Nous avons eu deux guides qui dès le départ nous ont dit que comme nous étions jeunes et habitués à courir nous n'allions pas trainer sur les horaires. Bilan, sur tous les horaires indiqués nous mettions en moyenne entre une heure et une heure et demi de moins... Nos mollets ont vite regretté le "Polé polé" du début.

Nous avons été hyper admiratifs des porteurs Sherpa qui montent comme nous (sauf l'ascension finale qu'ils ne connaissent pas) avec sur la tête bouteilles de gaz, bidons d'eau et autres denrées et bien évidemment sans matos adaptés (certains montent en vieux jogging et baskets défraîchies).  

Nous nous empressons donc de filer à l'hôtel pour passer enfin un appel vidéo et pour sauter sous la douche en s'offrant quand même une petite récompense au passage (une Kilimandjaro Beer).

 

La nuit va être salvatrice et nous rêvons déjà de notre futur voyage, qui sera plus reposant c'est certain ! 

Pour soutenir notre action en faveur de la ligue contre le cancer, c'est par ici ---

http://www.alvarum.com/blandinebernardjlb


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Kilimandjaro Tanzanie

Ascension du Kilimandjaro au profit de la Ligue contre le cancer

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